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| HONORIS CAUSA de L'ANDOUILLETTE | |||||||||||
S'il
est vrai, et les têtes pensantes de cette planète s'accordent à le croire,
que l'univers est né du chaos puis d'une suite de hasards fortuits,
de circonstances aussi diverses que surprenantes, Alors,
fort de ce principe, on peut s'autoriser à tenter quelque expérience. a-
Portons à ébullition une certaine quantité d'eau légèrement salée. b-
Conjointement à cet état de fait, plaçons
dans un récipient prévu à cet effet- une poêle fera l'affaire- une andouillette
au Vouvray, en vente chez tous les bons traiteurs, dont l'échoppe, on
l'aura noté, est uniquement ouverte les jours ouvrables et aux horaires
d'ouvertures de ces derniers. Bien.
Revenons à notre expérience ô combien enrichissante c-
Dans cette poêle, donc, nous laissons frémir une quantité idoine de
graisse. (
Le beurre de tournesol est préférable à l'huile présentant
un indice de viscosité ISO W15/40). Faisant
fi et abstraction de tout régime prônant les vertus de la basse calorie,
jetons d'un geste rageur, délibérément vindicatif, avec le gage d'un
bon repas à venir, la papille gustative et l'oeil frémissant, jetons
donc cette prometteuse andouillette dans l'auguste poêle. Sel, poivre ; Deux ingrédients nécessaires à notre
alchimie. d-
Mais, palsembleu et ventre saint gris, n'avions-nous pas une éprouvette
d'eau bouillante ? Ci fait. Versons-en
le contenu dans une sphère tronquée et évidée, que nous nommerons, pour
une plus simple compréhension, ainsi qu'une totale adéquation de tous
: Saladier. Nous
voici donc avec un "saladier" rempli d'eau (H2O) salée (NA3).
e- Versons-y généreusement, et sans scrupules aucun,
quelques flocons de purée de pommes de terre à l'ancienne. Parsemons
le tout de persil frais, préalablement acquis auprès d'un maraîcher
et savamment haché. Ajoutons,
ne reculons devant rien, une noix de beurre. Ceci
étant fait, et bien fait, il nous reste à touiller avec dextérité et
un zeste de sagacité, le contenu dudit saladier. Qu'obtenons-nous
? Une accorte purée paysanne à faire pâlir d'envie une charentaise ménopausée... Bien.
Notre andouillette est maintenant quasi prête. Il
lui manque LA touche finale. Ce qui la rendra exceptionnelle, unique... Le summum,
le nec plus ultra, l'honoris causa de l'andouillette... extrayons son essence sa substantifique
moelle, découvrons le calice du verrat, son arôme délicieux . Dans
notre laboratoire, prenons une fiole renfermant du vinaigre de vin vieux.
Mais si, mais si ! Recouverte
d'un couvercle, dans sa poêle, l'andouillette gît. A
la manière d'un moine inquisiteur, levons ce bouclier, dernier rempart
de l'andouillette vis à vis du regard impudique autant que peu scrupuleux
du futur dégustateur, moi en l'occurrence. Armé
de notre fiole, jetons, tel l'alchimiste sur le point de découvrir le
secret de la pierre philosophale, quelques gouttes de notre précieuse
mixture. Il
ne reste plus qu’à déguster le calice des dieux. L’extase
est là. De
plus, de manière imagée, l'on retrace de manière fort succincte quoiqu'exhaustive
la création de l'univers, le Big Band,
l'emprise de l'église catholique en Europe occidentale, le moyen âge
avec l'inquisition, la controverse de Valladolid, par conséquent la
découverte du nouveau monde d'où un repositionnement de l'homme occidental
en tant que tel, mais aussi l'alchimie, le médecin des lumières, la
fabrication des charentaises, l'automobile et l'huile de vidange, la
diététique et les régimes "sans", puis la science et surtout... "l'art du bien manger" Bon appétit Badmojo, mai 2002 |
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