Résumé : Dugambier est à la recherche de Bernard l’ermite. une voyante, Ivanovna Ivanovitch Sairrunpotof, lui a donné de vagues, très vagues renseignements : " Pfft ! Elle est marrante elle ! Marches vers la lumière... V’là que j’suis tombé dans l’mystique, une plongée en plein dans l’paranormal... dans l’spiritisme à dix balles.. ! La mégalo d’la diseuse de bonne aventure... La psychose de la visionnaire illuminée en mal de clients... Pour un peu j’avais droit aux tables tournantes et tout l’toutim ! Enfin... Tiens j’vais prendre par là, le ciel a l’air plus dégagé. Allez courage Dugambier, ramasses tes valoches.
" Bonjour, je cherche quelqu’un : Bernard, un ermite qui habite dans cette carrière."
" Moi je dirais plutôt que tu as trouvé quelqu’un...
" Donc c’est vous ?"
" Pas de conclusions hâtive, mon jeune ami, tu sembles bien pressé..."
" C’est que je suis en mission, une affaire d’état, mais chut, je n’en dirais pas plus."
" En mission... Oui, oui, oui... Je vois... pour le SDRA sans doutes..."
" J’ai besoin de ce Bernard l’ermite."
" Si tu cherches l’anachorète de la mine de rien, c’est à dire pas grand chose...
Quoiqu’avec deux fois rien on arrive à des résultats..."
" Alors c’est vous ?"
" Ca dépend..."
" De quoi ?"
" Par exemple de l’épaisseur de ton porte-monnaie..."
" Il est à peu près vide..."
" Alors ça ira à peu près..."
" Bon, d’abord, passage obligé avant le Filetkistan : Talèbul, en Turquie Ocilocoxinum... Ces deux pays se trouvent à la périphérie de L’Anastasie Orientale, évite d’aller dans le centre de l’Anastasie, son cœur t’anesthésierait..."
" Ah ! Istanbul, tout le charme de l’orient... La perfidie de l’occident : Moitié cigüe, moitié loukoum... Devant la mosquée de Soliman le magnifique elle portait un topé lilas..."
" Ah bon, t’as déjà mis les pieds là-bas ?"
" Non, j’évoque, je poétise... D’ailleurs c’est pas d’moi mais d’Audiard dans “le cri du cormoran le soir au dessus des jonques”. Mais tu peux pas comprendre, c’est une question d’éducation, et l’éducation ça s’apprend pas, c’est viscéral."
" Et oh, un peu d’respect devant l’ainé. De toute façon, c’est pas à Istanbul mais à Talèbul.
Mais avant de partir il faudra bien te couvrir... Tu vas remplir ton portefeuille."
" Et comment, sage parmi les sages ?"
" Je t’explique, tu vas voir c’est très simple."
" Bon, jusque là ça va."
" Tu vas lui parler en te faisant passer pour monsieur Ramirez, c’est un entraineur célèbre qui est maintenant hors du circuit."
" Et comment j’le joue ?"
" Bah ! Qu’est ce que tu veux j’te dise, un entraîneur de boxe c’est un entraîneur de boxe ! Ca se joue au canevas ces trucs là, pas comme un plat d’nouilles.. !"
" Mais si le gros lourdaud connaît Ramirez y va tout d’suite voir que j’suis pas lui !"
" Pas d’danger, y sont tous à moitié abrutis par les coups d’boule... Au contraire y s’ra content d’avoir été choisi."
" Bon alors comme ça, ça va."
" Voilà le plan : Dans cinq jours y’a un match, tu te débrouilles pour que le lourdaud y soit, tu lui proposes une affaire qu’il pourra pas refuser. Un match truqué...Un médecin marron... Peu importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon..."
" Tu vois c’est simple. On empoche l’assurance et en plus on rafle les paris... Tu s’ras renfloué et tu pourras partir pour Talèbul."
" Evidemment, vu comme ça..."
" Mon ami il y a deux façons de voir les choses : la bonne et la mauvaise. Moi je ne suis pas fixé, je choisi celle qui m’arrange..."
" Et bien sûr tu viens avec moi, ô grand sage."
" Non, je reste dans ma retraite, car le chemin le plus court pour aller de la barbarie à la décadence passe par la civilisation..."
Et Marcel part vers la salle de boxe de Gratzy-Les-Charmeuses...
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